Lors du sommet annuel sur la géopolitique et la sécurité organisé par l’International Institute for Strategic Studies à Manama, à Bahreïn, de hauts responsables moyen-orientaux se sont réunis du 30 octobre au 1er novembre pour débattre de l’émergence de nouvelles architectures de sécurité régionale. Alors que se multiplient les spéculations autour d’éventuelles frappes militaires américaines contre des cibles iraniennes, les délégués ont concentré leurs efforts sur la coordination de réponses stratégiques visant à prévenir une spirale incontrôlée et à protéger les infrastructures critiques.
Une diplomatie pragmatique au Forum de Manama
Loin d’adopter une posture d’attente, les représentants du Conseil de coopération du Golfe ont affiché une exigence commune en faveur d’un pragmatisme diplomatique et d’une désescalade proactive. Anwar Gargash, conseiller diplomatique du président émirien cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyane, a rappelé que la prospérité régionale dépendait de l’interruption des cycles de confrontation à répétition, appelant à une évaluation lucide des risques face au profond fossé diplomatique séparant Washington et Téhéran. En parallèle, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a insisté sur le fait qu’une escalade armée incontrôlée entraînerait de graves répercussions pour l’ensemble du Moyen-Orient, compromettant notamment la sécurité alimentaire et le transit énergétique mondial.
Renforcer la résilience défensive et l’endiguement régional
Derrière les appels publics à la retenue se dessine une stratégie délibérée axée sur la résilience nationale et collective. Les décideurs régionaux accordent désormais la priorité à l’intégration multicouche de la défense aérienne, à la sécurisation des voies maritimes névralgiques et au partage de renseignements afin de parer aux menaces de ripostes asymétriques. En dialoguant étroitement tant avec leurs alliés occidentaux qu’avec leurs homologues régionaux, les capitales du Golfe s’efforcent de concilier l’endiguement rigoureux des facteurs de déstabilisation avec l’impératif stratégique absolu de protéger leur dynamique de transformation économique et leur connectivité transfrontalière sur le long terme.
