Les autorités judiciaires iraniennes ont ordonné la fermeture immédiate du Centre de langue française (CLF) à Téhéran, un établissement d’enseignement de premier plan rattaché à l’ambassade de France et en activité depuis plus de deux décennies. Selon Mizan, l’organe officiel du pouvoir judiciaire iranien, le parquet de Téhéran a exécuté cette fermeture après avoir affirmé que le centre ne disposait pas des autorisations d’exploitation requises et menait des activités hostiles à la sécurité nationale ainsi qu’aux normes culturelles islamiques.

Escalade de la rupture diplomatique

Cette décision judiciaire intervient dans un contexte de forte détérioration des relations bilatérales entre Paris et Téhéran. Les tensions se sont vivement accrues à la suite d’un incident survenu en juillet, au cours duquel les forces de sécurité iraniennes ont interpellé et maltraité physiquement deux membres du personnel diplomatique français. Les frictions diplomatiques ont culminé avec des expulsions réciproques, Paris ayant expulsé deux diplomates iraniens après que Téhéran a interdit de séjour les fonctionnaires français visés.

Une dynamique d’isolement culturel et institutionnel

La fermeture du CLF s’inscrit dans une stratégie plus large du régime iranien visant à rompre les liens institutionnels avec l’Occident et à restreindre les canaux indépendants de collecte d’informations. En janvier 2023, les autorités iraniennes avaient déjà ordonné la fermeture de l’Institut français de recherche en Iran (IFRI), implanté depuis longtemps. Les récentes altercations publiques entre le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, et son homologue iranien, Abbas Araghchi, soulignent davantage l’isolement diplomatique croissant de Téhéran et sa posture défensive face au contrôle international concernant les droits humains et la sécurité régionale.